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COMMENTAIRES
SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 3, Versets 1 à 6
DE L'APPEL DES FRÈRES EN CONSEIL.

1. Chaque fois qu'il sera question au monastère de quelque chose d'important, l'abbé convoquera toute la communauté et dira lui-même de quoi il est question.

2. Une fois entendu le conseil des frères, il en délibérera à part soi et fera ce qu'il juge le meilleur.

3. Or si nous avons dit que tous seraient appelés au conseil, c'est que souvent le Seigneur révèle à un inférieur ce qui vaut le mieux.

4. Or donc les frères donneront leur avis en toute soumission et humilité, et ils ne se permettront pas de défendre leur opinion effrontément,

5. mais la décision dépendra de l'abbé : celle qu'il juge être plus opportune, tous y obéiront.

6. Toutefois, s'il sied aux disciples d'obéir au maître, il convient que celui-ci dispose toute chose avec prévoyance et justice.

Commentaire de Père Abbé Luc

Dans les derniers mois, nous avons vécu des chapitres conventuels assez importants et denses, je pense notamment à ceux sur l'opportunité ou non d'accompagner les laïcs de Chauveroche dans leur recherche d'une vie communautaire. Nous avons expérimenté 1'importance de la parole donnée par chacun. et celle de l'écoute mutuelle pour essayer d'avancer. L'importance aussi d'un secrétaire qui consigne les débats pour ensuite mettre en forme un état de la question au moment « t » et indiquer des avancées possibles sur lesquelles continuer de se prononcer et de chercher. Avancer ensemble dans une réflexion demande beaucoup d'énergie et de patience. d'engagement et de liberté. A la différence de Benoit qui donne déjà de précieux repères pour la prise des décisions importantes, nous sentons le besoin plus affirmé de ne pas seulement faire un tour de l'assemblée capitulaire pour recueillir les avis et laisser ensuite le jugement à l'abbé. Pour faire droit à la réflexion de chacun. ainsi qu'à une plus grande complexité des questions, il nous faut accepter de passer plus de temps pour évaluer les tenants et aboutissants d'un sujet. afin d'instruire au mieux le dossier. Cela peut passer par J'écoute de personnes extérieures comme nous l'avons fait pour Chauveroche. Outre le temps passé, ce genre de cheminement commun pour rechercher ensemble la volonté de Dieu pour telle ou telle question ou situation nous éprouve tous. Car il nous oblige à consentir à la fois à dire ce que l'on pense, mais aussi à ne pas nous accrocher à notre pensée. Une sorte de discernement s'opère à l'intérieur de nous qui nous bouscule. Il ne s'agit alors ni de démissionner en s'en remettant au jugement des autres, ni de se blinder dans une position qui n'entend pas ce qui se dit à côté. Discerner passe nécessairement par une étape d'ouverture inconfortable où l'on ne sait pas bien où l'on est. pour examiner en vérité toutes les hypothèses. A ce propos, M. Delbrêl dans des notes proposées à ses équipes, sur la manière de vivre les décisions communes, dit quelque chose qui rejoint bien Benoit.« Nous avons tendance à garder noire point de vue initial. Or ce point de vue une fois brassé avec celui des autres doit sortir de nous. Il a apporté ce qu'il devait apporter, il ne compte plus" (in « J'aurai voulu». Œuvres Complètes, T 14, p 47). c'est au prix de ce travail de liberté intérieure que le discernement final de chacun, fait au moment du vote. a le plus de chance de porter du fruit, un fruit bon pour lui et bon pour la communauté. Nous cherchons ensemble la volonté de Dieu.