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COMMENTAIRES
SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 37, Versets 1 à 3
DES VIEILLARDS ET DES ENFANTS.

1. Bien que la nature humaine incline par elle-même à l'indulgence pour ces âges, celui des vieillards et celui des enfants, l'autorité de la règle doit cependant y pourvoir.

2. On aura toujours égard à leur faiblesse et on ne les astreindra nullement aux rigueurs de la règle en matière d'aliments,

3. mais on aura pour eux de tendres égards et ils devanceront les heures réglementaires.

Commentaire de Père Abbé Luc

Lors de sa retraite, le f. Emile a eu cette belle réflexion: « il y a une aventure à vivre avec Dieu,y compris dans la vieillesse,dans nos diminutions, dans nos maladies » ... Une aventure à vivre avec Dieu ... En écoutant nos frères plus anciens, j'entends combien l'âge avançant, cette aventure n'est pas si facile. La relation avec Dieu se simplifie, mais se dépouille en même temps. L'épreuve de la maladie ou de la diminution des forces peut occuper beaucoup de place. Le corps se rappelle souvent, sinon sans relâche, à la conscience. L'image de soi se défait des fausses illusions qui pouvaient jusqu'alors voiler la réalité. Dans ce contexte, parler d'aventure avec Dieu permet de sortir de la seule relation d'intérêt... de cette relation avec un dieu trop à notre mesure auquel on demanderait surtout d'échapper à la maladie et à tous les ennuis de la vie. L'aventure à vivre avec le Dieu de Jésus-Christ garde pour chacun de nous, et à tout âge, les accents de l'aventure qui a fait sortir Abraham de son pays. « Va vers le pays que je t'indiquerai ». Alors que les limites de l'âge et de la maladie restreignent les possibilités de déplacement et d'autonomie, elles n'empêchent pas ce voyage-là. Elle lui donne au contraire tout son sens et toute sa profondeur. Le but, le pays recherché, apparaît plus proche, même s'il demeure toujours inconnu, objet d'une «grande curiosité », me disait un frère. L'aventure avec Dieu ne consiste donc pas à savoir et à connaitre la nature de ce pays. Mais bien plutôt à faire grandir le désir de ce pays, et plus précisément le désir de la rencontre. Comme dit volontiers notre père Germain, «je vais vers la rencontre ». Une tentation peut entraver ce désir: le fait de regarder en arrière le chemin parcouru, en le jugeant souvent de manière trop négative, comme si le jugement nous appartenait. Le voyage passé n'a pas peut-être pas été comme on l'aurait souhaité ou imaginé. Mais est-ce cela le plus important aujourd'hui? Le voyage, l'aventure ne demeure-t-elle pas plus que jamais celui de la confiance en Celui qui nous a appelés. « Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite .... » L'aventure à vivre n'est-elle pas là dans une confiance filiale renouvelée, un peu plus abandonnée. « Tu me conduis selon tes desseins, puis tu me prendras dans la gloire» (Ps 72, 23-24). Il est fidèle Celui qui nous appelle depuis notre premier souffle et notre premier cri sur cette terre. Peu à peu nous avons expérimenté et expérimentons sa fidélité, son amour indéfectible malgré et surtout à travers nos chutes, nos errances. Son visage de Père révélé par Jésus peu à peu s'éclaire. Pas à pas, nous sommes conduits à nous habituer à sa lumière, à son amour, avant de le voir face à face ... Sa miséricorde est notre rempart, notre vrai passeport pour l'ultime traversée. - 13 février 2019