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COMMENTAIRES
SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 71, Versets 1 à 9
QUE L'ON S'OBEISSE MUTUELLEMENT.

1. Ce n'est pas seulement envers l'abbé que tous doivent pratiquer le bien de l'obéissance, mais en outre les frères s'obéiront mutuellement,

2. sachant que par cette voie de l'obéissance ils iront à Dieu.

3. Aussi, mis à part les ordres de l'abbé ou des prévôts qu'il institue, ordres auxquels nous ne permettons pas que l'on préfère ceux des particuliers,

4. pour le reste tous les inférieurs obéiront à leurs anciens en toute charité et empressement.

5. Si quelqu'un est pris à contester, on le réprimandera.

6. De plus, si un frère reçoit une réprimande quelconque de l'abbé ou de n'importe lequel de ses anciens pour quelque raison que ce soit, si mince qu'elle puisse être,

7. et s'il sent que l'esprit de n'importe quel ancien est légèrement irrité contre lui ou ému si peu que ce soit,

8. aussitôt et sans délai il se prosternera à terre et fera satisfaction, étendu à ses pieds, jusqu'à ce qu'une bénédiction vienne calmer cette émotion.

9. Celui qui refuse de faire cela, on lui infligera un châtiment corporel, ou bien, s'il est obstiné, on le chassera du monastère.

Commentaire de Père Abbé Luc

« Ce n'est pas seulement envers l'abhé que tous doivent pratiquer le bien de 1·obéissance» ... On peut se réjouir de trouver en ce chapitre, cette expression « le bien de 1·obéissance » ... Elle nous rappelle que l'obéissance est un bien, non un fardeau ou un moindre mal à supporter. Elle est un bien, non un bien de consommation à acquérir ou à vendre, mais un bien à cultiver. pour mieux le pratiquer et le partager. Ce bien nous est offert à tous par la vie quotidienne. Il est disponible tout de suite, à portée de main, sans préalable nécessaire. Dans une vie commune, comme la nôtre, il est avec la charité parmi les biens les plus précieux. Que serait une vie communautaire sans cette obéissance qui nous tourne les uns envers les autres. pour nous recevoir les uns des autres? Elle serait impossible. Vivre ensemble demande sans cesse que nous nous obéissions les uns les autres : nous obéissons au f linger qui nous donne des consignes, au f responsable des transports qui nous indique une voiture. au maitre de chœur quand il dirige le chant ou recommande de chanter de telle ou telle manière ... au responsable de la liturgie sur la manière de faire durant les célébrations. Plus ce bien de l'obéissance s"échange entre nous avec fluidité, plus la vie fraternelle est heureuse et légère. Les uns et les autres se donnent sans chercher leur intérêt propre : celui qui demande quelque chose, le fait non pour satisfaire un quelconque désir de pouvoir. et celui qui obéit, le fait sans renâcler pour montrer qu'il existe... Parfois. il est opportun de poser une question. Si on le fait avec douceur et humilité, c'est le signe que nous voulons être au service du bien commun, et non en recherche de notre ego... Restons en alerte pour cultiver chacun et tous ensemble ce bien de l'obéissance, cette écoute toujours en éveil en vue du bien de tous. La charité entre nous ne pourra que s'en trouvée grandie et fortifiée. Irait-on jusqu'à dire que dans une vie commune, il n'y a pas de charité sans obéissance mutuelle? Je suis tenté de le penser. La charité demande à chacun de nous. non seulement de donner et de se donner, mais encore de recevoir et de se recevoir des autres. Obéir à un frère, c'est se recevoir de lui par le mouvement dans lequel il me donne d'entrer pour faire quelque chose. L'exemple du chant est un des plus patents: à travers les recommandations du maitre de chœur, chacun peut bouger, aller plus loin et progresser dans le don de lui-même, et dans le même temps, nous grandissons ensemble dans l'unité et la beauté du chant. ..