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SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 7, Versets 55 à 55
DE L'HUMILITÉ

55. Le huitième degré d'humilité est que le moine ne fasse rien qui ne se recommande de la règle commune du monastère et des exemples des supérieurs.

Commentaire de Père Abbé Luc

Ce 8° degré peut s'entendre comme la face positive des deux degrés précédents. Les 6°et 7° manifestaient l'humilité du moine qui apprend à renoncer à toute fausse image de soi, dans une profonde acceptation de sa faiblesse et de ses limites. Ce 8° laisse apparaitre 1 'humilité du moine qui ne revendique rien pour lui-même sinon de faire ce que la règle commune lui commande. Il n'a pas d'autres prétentions que de faire ce qu'on lui demande ou de suivre les bons exemples de ses frères. Il ne trouve pas son assurance en lui-même, mais dans la vie commune et dans la vie des frères.

A l'heure où l'on magnifie beaucoup l'originalité, la créativité et la nouveautéque chacun est appelé à déployer, comment bien entendre ce 8° ? St Benoit ne nous invite pas à être sans personnaliténi à entrer dans une soumission grégaire. Je crois qu'il nous invite à recueillir la joie profonde qui se cache dans l'accueil de la vie donnée. Je n'invente pas ma vie à chaque instant. Elle risquerait de devenir vite épuisante. J'accueille la vieà travers mille gestes, mille paroles répétés chaque jour, selon des rites plus ou moins établis. Avec son cadre, son horaire et ses pratiques, notre vie commune participe de ce même mouvement structurant de notre vie humaine. Loin de me dépersonnaliser en faisant comme tout le monde, je deviens cet être capable de vivre avec les autres et pour les autres. Je deviens un peu plus moi-même en développant cette part sociale et communautaire de mon humanité. J'élargis ma capacité à être, à être avec d'autres, par les autres et pour eux. Quand on arrive au monastère, sije me souviens bien, j'étais frappé des attentions ou des prévenancesqu'on pouvait avoir pour moi (tenir une porte, veiller à ce que je ne manque de rien à table, un billet de fête, etc ... ). Dans le monde, je ne percevais pas que la vie quotidienne pouvait être aussi chargée d'attentions. J'ai reçu ces marques fraternelles comme autant d'exemples d'anciens à imiter.Ils me montraient quelque chose de désirable à vivre qui donne du bonheur. Ainsi, notre vie commune, dans son apparente monotonie et dans l'obéissance concrète qu'elle demande, nous rend plus sensibles à une qualité de présence aux autres dans les petites choses du quotidien. Accepter d'entrer dans la banalité quotidienne est signe d'humilité. Je ne suis pas le centre du monde qui invente ma vie à chaque instant. Et cette humilité devient humanité de surcroitlorsqu'elle nous ouvre aux autres, ainsi qu'à l'épaisseur et à la beauté de la réalité. Rendons grâce pour les trésors que recèlent dans sa simplicité notre vie monastique. - 02.06.2018 -