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COMMENTAIRES
SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 51, Versets 1 à 3
DES FRERES QUI NE PARTENT PAS TRES LOIN.

1. Un frère qui est envoyé pour une commission quelconque et dont on attend le retour au monastère ce jour-là, ne se permettra pas de manger au dehors, même s'il y est invité tout à fait instamment par quiconque,

2. sauf si son abbé lui en a donné l'ordre.

3. S'il fait autrement, il sera excommunié.

Commentaire de Père Abbé Luc

Entre le chapitre entendu hier sur les frères qui partent au loin, et celui sur ceux qui ne partent pas très loin, je relève une différence de ton. Paradoxalement, une plus grande gravité ressort du chapitre concernant les frères qui ne partent pas très loin. La mention de l'excommunication lui donne d'emblée une note de sévérité. Tout se passe comme si Benoit était davantage vigilant à la manière de vivre les relations avec les personnes de l'entourage immédiat, qu'avec celles rencontrées dans des périmètres plus éloignés. Lorsque l'on sort à proximité du monastère, on n'acceptera que rarement de prendre quelque chose chez des voisins, et seulement.avec la permission de l'abbé. En fait cette attention aux relations proches qui peuvent devenir habituelles voudrait éviter aux frères d'entretenir des liens extérieurs non ajustés à la vie de la communauté. Il est parfois plus facile d'établir des relations avec le proche voisinage qu'avec ses frères. Si une habitude se prend qui n'est pas parlée, discernée, celle-ci peut devenir nuisible pour le frère. Cette question peut nous faire réfléchir, et sur notre vie commune et sur notre relation avec le voisinage. Sur notre vie commune tout d'abord. Celle-ci est fondamentalement le rassemblement de frères qui ne sont pas choisis. A travers tous les aspects de la vie quotidienne (prière, travail, repas, moments de détente, rencontres) va se tisser une relation fraternelle où chacun est invité à sortir de lui-même et à s'ouvrir au monde des autres. Appelés les uns et les autres par Dieu comme des étrangers, nous acceptons de nous laisser façonner au gré du quotidien comme des frères et des fils de Dieu. Et dans ce façonnage, lorsqu'un frère mangue, non seulement il se manque lui-même, mais il manque au processus communautaire. D'où l'importance de notre vivre ensemble et de notre faire communautaire. Concernant la relation avec notre voisinage, la régularité de certaines relations peut créer une fonne d'amitié. Celle-ci souvent plus gratifiante va-t-elle nous tirer hors du labeur communautaire? C'est ici qu'intervient le discernement avec l'abbé. 11 est heureux que nous puissions tisser des liens avec nos voisins, nos fournisseurs, nos collaborateurs en divers domaines. Mais il est important de pouvoir leur donner leur juste mesure. Beaucoup seraient heureux de nous inviter à leur table par ex. En général, nous déclinons l'offre, pour manifester le primat de notre appartenance communautaire. Une exception s'imposera parfois. Mais il y a une autre manière de vivre ce lien, c'est lorsqu'un frère peut inviter l'une ou l'autre personne de notre voisinage à venir nous partager quelque chose de leur vie, par ex le dimanche soir. De cette manière, le lien d'amitié se trouve honoré et le lien fraternel affermi ...