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HOMELIE

13 juin
année 2020-2021

B - 11° dimanche Ordinaire - 13 juin 2021
Ez 17 22-24 ; Co 5 6-10 ; Mc 4 26-34
Homélie du F.Vincent

Le Seigneur aujourd’hui nous parle du Règne de Dieu et il nous en parle en paraboles.
La première des deux paraboles, qui nous est racontée ce matin, nous montre un homme qui jette en terre la semence… Qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit jusqu’à la moisson. On pourrait dire de façon un peu triviale : « Patience, ne nous affolons pas ! » Si nous, nous vivons dans le temps, avec ces alternances, le Règne de Dieu, lui, ne connait pas ce rythme : c’est sans cesse qu’il est à l’œuvre. Et donc, l’installation du règne en nous et autour de nous, n’est pas d’abord le fruit de nos efforts, C’est celui d’une parole jetée en terre, dite dans le monde, parole qui continue d’agir et de faire agir. Et puisque c’est Dieu qui donne la croissance, notre action doit d’abord être celle de la confiance, de l’abandon et de la foi. Foi et confiance, parce que comme le dit la parabole, les semailles aboutiront à la moisson, le Règne parviendra à maturité ! Bien souvent, nous nous interrogeons sur l’état de notre monde, l’état de notre Église ou même l’état de notre vie, mais nous oublions peut-être un peu rapidement que nous n’en sommes encore qu’au temps des semailles, au temps de la lente croissance et nous ne pouvons donc pas encore estimer la moisson. Par contre ce qui doit nous aider à vivre, et à agir, c’est que la moisson est sûre et certaine. Ainsi, que nous dormions ou que nous nous levions, le Règne de Dieu est là dans nos vies et s’y développe.
Ce Règne, qui est tout proche, il ne s’abat pas sur nous comme un jugement, comme une fin du monde, Cette présence du règne de Dieu, n’est pas plus éclatante que cette naissance dans une étable, que ce corps meurtri sur une croix, que ce tombeau retrouvé vide par un petit groupe de femmes. Non, Dieu entre dans nos vies, dans notre temps, dans notre croissance, avec respect, avec patience, avec confiance.
Cette parabole n’a pas pour but de nous dire comment nous devons faire pour accueillir le Royaume mais plutôt comment ce Royaume agit, grandit en nous. Et peut- être, aussi que c’est en prenant le temps de nous mettre à l’écoute de l’œuvre de Dieu en nous et autour de nous, que nous accueillerons davantage cette croissance, ce dynamisme qui nous conduiront de l’herbe à l’épi avec du blé plein l’épi.
Dans la seconde parabole, il n’y a, là encore, rien d’éclatant dans cette graine de moutarde, la plus petite de toutes les semences, « elle est si petite ! » Mais un nouvelle fois, Jésus nous appelle à nous en remettre à cette force de croissance qui nous échappe et qui nous dépasse. Là où, dans la 1ère parabole, la semence poussait dans le temps, cette fois-ci c’est l’espace qui est pris dans cette dynamique du règne : cette plante née de la plus petite de toutes les semences, étend de longues branches si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leurs nids à son ombre. Cette image fait référence à la prophétie d’Ezéchiel que nous avons entendue en première lecture : l’arbre où les oiseaux font leur nid, c’est le roi qui guide et protège son peuple. Ainsi, à partir d’une simple graine de moutarde, Jésus annonce l’accomplissement de la promesse, la certitude que Dieu mène à son achèvement ce qu’il a commencé, et bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions !
Cette semence, c’est la Parole de Dieu qui nous rejoint dans nos vies et qui frappe à notre porte pour transformer nos cœurs. Cette semence, c’est tous ces petits gestes du quotidien qui font l’histoire de nos vies.
Cette semence, enfin, c’est aussi notre prière, notre humble prière ici, et qui pourtant franchit les frontières, que nous dormions ou que nous nous levions.
Et finalement, croyons-le, espérons-le, voulons-le, cette semence c’est notre parole, notre façon d’être à chacun d’entre nous, habités, animés par la puissance d’un amour : aimés de Dieu, aimés en Dieu.
(Sources diverses) ++++++++++++

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