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HOMELIE

31 décembre
année 2017-2018

Année B - Dimanche de la Ste Famille- 31 décembre 2017 –
Gen 15 1 – 21 3 ; Héb 11 8-19 ; Luc 2 22-40 ;
Homélie du F.Jean-Noël

Une image de la ste Famille présidait à mon sommeil d’enfant : un St Joseph tout chenu, une ste Vierge toute menue, et entre papa et maman, un petit Jésus dont on me disait que, lui, il était bien sage, et encore : que je le faisais pleurer quand je faisais le méchant, mais que je lui faisais plaisir quand du bout des dents et avec mille grimaces, je mangeais ces mauvais épinards.
Dieu merci, ce n’est pas cette ste famille à l’eau de rose, nos rêves, que nous célébrons. Trop lisses, les lectures proposées nous renvoient plutôt au mystère des racines, la force qui leur fait tout traverser. Le secret de leur force. Car il y a un secret.
Voyez Abraham ! Il ne sait pas où il va ; une vie marquée par la mort, il n’a pas connu le bonheur de transmettre la vie. Certes, il y a bien une promesse, mais tellement grosse ! Sarah incrédule en avait pouffé de rire. Abraham, quant à lui plein de bonne volonté et comme pour aider Dieu avait imaginé un arrangement et cela avait été la naissance d’Ismaël…que Dieu généreusement avait béni … en maintenant sa promesse impossible, les laissant tous deux avec leur « comment ?», bientôt alourdis de « Pourquoi ? » dans l’horrible montée au Mont Moria, couteau en main, cœur déchiré. Quelle famille n’a pas ses « comment » et ses « pourquoi ? » Lourds ? déchirants.
Et cette longue attente de Syméon, d’Anne. Et rien ne venait. A leur grand âge !
Et Marie donc. Elle aussi avait ses « comment ? », obscurcis encore, alourdis de terribles « Pourquoi ? » depuis la révélation par Syméon du glaive à venir… et encore 30 ans à retourner ça dans son cœur, jusqu’à la grande déchirure du Golgotha. On est loin des images pieuses… et combien proches de nos familles !
Et alors ? Alors nous lisons bien tout. Et d’abord, cette invitation pleine d’humour, « Compte les étoiles, si tu peux » comme pour guérir Abraham, nous guérir une bonne fois, de nos prétentions à vouloir tout maitriser. Invitation à croire comme Abraham. Mais attentions ! Non pas «croire que » « comme on croit que demain il fera beau, et que ce n’est pas sûr du tout. Non pas ça. Mais « croire en », et c’est béton. La Parole comme un roc sur lequel on peut bâtir, et ça tient dans la tempête ; sur paroles, on peut jeter son filet, ou même se jeter à l’eau, comme Pierre ; Jeter sa vie et, comme le bon Syméon, « s’en aller en paix », ou, en chantant par monts et par vaux, comme Marie, sûre qu’il en sera selon la Parole.
Plus tard, Jésus lui-même rappellera le secret à ces deux pèlerins qui s’en allaient tout tristes sur leur chemin : « Mais voyons vous avez les Ecritures » !
Et encore a-t-on assez remarqué la réponse de Jésus aux « pourquoi ? » et aux « comment ?» qu’on lui posait « Que lis-tu dans l’Ecriture ? – Bon fais cela et tu vivras ! »
Remarqué aussi qu’à l’heure décisive de ses choix au désert, Jésus ne veut, ne peut vivre que de la Parole, c’est sa nourriture. C’est dit encore de façon hautement symbolique, quand sa vie nous est présentée , du début à la fin, portée par les Psaumes : au dire de l’épitre aux Hébreux (10/5-9) son premier souffle se coule dans un psaume (39/8-9) « Me voici pour faire ta volonté »; écho d’ailleurs «qu’il m’advienne selon ta Parole » de sa mère. Et c’est encore dans un Psaume , deux même (21 et 30/6) que son denier souffle trouve la force d’un grand cri et même d’un « Pourquoi ? » qui nous bouleverse encore.

S’étonner après cela que l’Eglise ait mis ce livre des Psaumes entre nos mains. Luther (citons-le une dernière fois en cette année mémoire) y voyait un résumé, un concentré de la Parole de Dieu, œuvre de l’Esprit Saint, pour accomplir nos heurs et malheurs. Indispensable assistance respiratoire pour les marcheurs que nous sommes.
Souvenons-nous de la prière de l’Eglise quand, au début du Carême elle veut réactiver en nous la vie chrétienne, elle prie , nous prions : « Fais-nous trouver dans ta Parole, les vivres dont notre foi a besoin ».
C’est évidemment valable au début de toute année nouvelle et même chaque matin, car enfin qui se résoudrait à ne respirer qu’une fois par an. : « Fais nous trouver dans ta Parole le souffle dont nous avons besoin ». - 31 décembre 2017

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