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HOMELIE

04 juin
année 2016-2017

Année A - PENTECÔTE 4 juin 2017
Ac 2,1-11; 1 Co 12, 3b7.12-13 ; Jn 20, 19-23
Homélie du Père Abbé Luc

Frères et sœurs, Au début de cette célébration, nous avons fait cette demande à Dieu : « Continue dans les cœurs des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication apostolique »…Oui, notre Dieu a entrepris une œuvre d’amour fantastique en donnant son Esprit Saint aux disciples de Jésus. Comment mieux comprendre cette œuvre d’amour ? Il y a plusieurs manières de l’approcher… Chacune des lectures entendues nous ouvre des perspectives.
L’œuvre d’amour que Dieu a entreprise ressemble à un feu qui se répand…Le feu d’un élan irrésistible qui transforme des hommes simples, sans culture, en prédicateur audacieux d’une bonne nouvelle qu’ils ne peuvent garder pour eux : Jésus est vivant, et Il nous offre sa vie. Frères et sœurs, si nous sommes là, aujourd’hui, c’est que le feu est parvenu jusqu’à nous après avoir embrasé tant de générations avant nous. Si on regarde un peu en arrière, on peut s’émerveiller que ce feu ne se soit pas éteint, tant il lui a fallu traverser de sombres périodes et des difficultés qui auraient dû l’étouffer. Il a été plus fort que la fragilité humaine dont l’Eglise a fait preuve, car ce feu, c’était le feu de l’Esprit. Oui, l’Esprit Saint a su « faire feu de tout bois », pour reprendre l’expression familière. Même le bois humide ou le bois à moitié pourri, lui a été utile pour se transmettre de génération en génération. Feu purificateur, feu qui illumine, il poursuit son œuvre secrète qui régénère les cœurs, et qui remet debout des femmes et des hommes. A nous aussi le feu est transmis…Laissons-le nous illuminer, nous transformer, nous réjouir…ce sera la meilleure manière de le transmettre à ceux qui nous entourent ou qui nous suivent.
L’oeuvre d’amour que Dieu a entreprise est semence d’unité… Les étrangers résidents à Jérusalem sont tout étonnés d’entendre dans leur langue les disciples qui parlent. Tout se passe comme s’ils faisaient déjà partie de la famille. Les barrières culturelles ne sont plus un obstacle. Le don de l’Esprit rassemble et unifie les personnes. Il édifie le Corps de l’Eglise. « Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres, et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » disait Paul. Oui, elle est grande cette œuvre d’amour mené par l’Esprit qui consiste à unifier tout en respectant la diversité de chaque membre… Hier soir, nous entendions le récit de Babel…qui signe l’échec du rêve humain d’unifier en uniformisant… Tous parlaient une seule langue pour une unique entreprise. Telle n’est pas l’unité que Dieu souhaite pour les humains : l’unité se fera au cœur de leur diversité et de leur différence, pas sans elles. Frères et sœurs, nous savons que ces questions demeurent actuelles : certains caressent le rêve que l’unité ou l’identité d’un peuple se fasse en excluant tout ce qui est différent. C’est une autre manifestation du rêve de Babel vouée à l’échec. L’oeuvre d’amour dans laquelle nous entraine notre Dieu consiste à tendre à l’unité en faisant feu de toutes nos différences. Œuvre humainement impossible. Nos vies communautaires, dans un monastère, dans une famille ou dans une paroisse, nous remettent sans cesse devant ce défi de l’unité à réaliser dans le respect de chacun. Laissons l’Esprit Saint nous unifier, chacun et tous ensemble. Apprenons de lui la patience vis-à-vis de nos idéaux. Laissons-le-nous enseigner l’humour qui rime avec amour, vis-à-vis de nos limites et de nos impuissances… Soyons témoins pour notre monde de ce lent travail de l’Esprit Saint qui sait associer tout être à son oeuvre.
L’oeuvre d’amour que Dieu a entrepris est partage de sa vie même, la vie divine. Ici nous balbutions devant le mystère. En donnant son Esprit Saint, Dieu ne donne pas quelque chose, mais il se donne lui-même. Et se donnant lui-même à chacun, il nous introduit en son intimité, au cœur de l’échange d’amour qui unit les trois personnes divines. L’œuvre d’amour de notre Dieu va jusque-là, dès ici-bas sur terre, comme une préparation à ce qui sera éternellement dans la vie au-delà. Dire cela peut paraitre abstrait… Mais si vous voulez, frères et sœurs, prenons conscience de ce que nous vivons déjà : lorsque nous disons à Dieu « Père », « Notre Père », nous pouvons mesurer combien cette prière est un don profond. C’est le don de l’Esprit qui nous unit à Jésus, Lui qui a « soufflé » sur les disciples. Avec Lui et uni à Lui, nous pouvons dire notre confiance à Celui de qui nous venons et vers qui nous allons. Oui, prenons conscience que ce mot « Père » engage notre cœur dans une relation profonde, heureuse et réconfortante. Et cette relation est appelée à aller en s’approfondissant et se simplifiant…jusque dans l’éternité. Oui, frères et sœurs, rendons-grâce à Dieu de nous permettre d’entrer avec confiance dans ce dialogue d’amour avec Lui, petits que nous sommes, mais soutenus par son Esprit. En cette Eucharistie déjà. - 4 Juin 2017

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