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HOMELIE

26 mars
année 2016-2017

Année A - 4ème dimanche de Carême, 26 mars 2017
1 Sam 16 1-13; Eph 5 8-14; Jean 9 1-41;
Homélie du F.Bernard

Réveille-toi, ô toi qui dors
Relève-toi d’entre les morts
Et le Christ t’illuminera
Cette hymne baptismale, nous venons de l’entendre dans la 2ème lecture ; elle est tirée de la lettre aux Ephésiens. Elle s’adresse par priorité aux catéchumènes qui recevront le baptême à la nuit de Pâques. Elle s’adresse aussi à nous tous, jeunes du catéchisme, ou plus âgés qui avons toujours à faire davantage écho à la parole du Christ en nous. Faire écho, c’est cela la tâche de la catéchèse, c’est la tâche de la foi. Nous tous, en cette nuit de Pâques, nous renouvellerons solennellement nos engagements baptismaux, par un triple nous renonçons, nous renonçons au péché et aux voies qui y mènent, et un triple nous croyons, nous croyons en Dieu Père, en Dieu Fils, et dans l’Esprit Saint qui est Dieu.
Se réveiller, se relever, ce sont les deux verbes qui dans la langue grecque des évangiles disent la Résurrection. Jésus, le premier, s’est réveillé du sommeil de la mort, s’est relevé au matin de Pâques. A sa suite, nous avons part aussi à son Réveil, à son Relèvement. Mais ce que nous avons reçu, la grâce de notre baptême, nous avons à le faire passer dans notre vie.
Aussi, l’Apôtre, dans la lettre aux Ephésiens, continue : « Dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière. Vivez en enfants de lumière. Or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice, vérité ».
C’est dans cette lumière reçue et pour mieux en vivre, que nous voulons entendre l’Evangile de ce jour. Dimanche dernier, nous était présentée une femme à la vie compliquée, appartenant à un peuple avec lequel les Israélites ne voulaient pas avoir de relations, une Samaritaine. Aujourd’hui u aveugle de naissance, un handicapé. Dans la mentalité de l’époque, comme aujourd’hui encore en bien des groupes humains, on attribuait le handicap à une faute, un péché, péché de la personne atteinte ou de ses parents. Mais pour Jésus, il n’en est pas ainsi : cet handicap est pour manifester l’œuvre de Dieu.
Donc une femme, un homme, et à travers eux deux, c’est toute l’humanité en souffrance, en errance, qui est évoquée, et aussi vous et moi, toute cette humanité que le Fils de l’homme, venu en ce monde, est venu chercher et sauver. On parle souvent de la guérison de l’aveugle né. Ce n’est pas très exact. L’aveugle n’a jamais vu. Il serait plus juste de parler, à mon avis, de création, comme est une création le sacrement du baptême. L’Apôtre le dit expressément : « Si quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle. L’être ancien a disparu. Un être nouveau est là (2 Cor 5,17) ». Peut-être est-ce pour cela que Jésus enduit les yeux de l’aveugle de boue, comme pour rappeler la boue des origines, dont le Seigneur s’était servi pour façonner le premier homme?
« Va te laver à la piscine de Siloé ». L’aveugle aurait pu répondre : « Il ne m’est pas permis de le faire le jour du sabbat » Alors rien ne se serait produit. De même la Samaritaine aurait pu refuser d’entre en relation avec Jésus, sous le prétexte que Juif et Samaritains ne se parlent pas. A l’origine de tout acte de foi, il y a bien un acte d’obéissance, de confiance. J’accueille ce qui me vient de celui que j’apprends peu-à-peu à reconnaitre comme le Seigneur de ma vie. Progressivement le dialogue avec la Samaritaine s’approfondit, l’aveugle qui maintenant voit de ses yeux de chair, s’enhardit face aux autorités religieuses qui le questionnent.
Car Jésus accomplit cette œuvre de salut un jour de sabbat. Faut-il obéir à la loi du sabbat, ou bien à celui qui parle avec l’autorité de Dieu et accomplit des signes messianiques ? Grave question, qui occupe tout l’Evangile. L’aveugle a reconnu Jésus comme un prophète, un homme venant de Dieu. Il est capable maintenant d’aller plus loin, de rencontrer Jésus pour le confesser comme son Seigneur et Sauveur. C’est le dialogue final : « Crois-tu au Fils de l’homme ? -- Et qui est-il Seigneur?-- C’est lui qui te parle--Je crois, Seigneur ». Ce sont les mots mêmes que nous prononcerons à la Vigile pascale. Pour nous y préparer, gardons en mémoire les paroles de l’hymne que nous citions au début : » Réveille-toi, ô toi qui dors. Relève-toi d’entre les morts. Et le Christ t’illuminera ». Fr. Bernard.(26 mars 2017)

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